photographier la pie-grièche, la terreur du bocage

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  • 29/03/2020
  • Focus espèce

Aujourd’hui nous consacrons un article à une espèce peu connue mais pourtant si fascinante : la pie-grièche écorcheur ! Nous vous partagerons quelques astuces pour l’observer et la photographier.

Derrière sa beauté...

La pie-grièche écorcheur est un oiseau emblématique de l’Avesnois et de son système bocager. Venant d’Afrique, l’espèce niche uniquement dans les secteurs les plus préservés de la région.

Elle affectionne particulièrement les haies bocagères composées d’épineux tels que le prunellier ou l’aubépine. Ce type de milieu leur est nécessaire pour trouver un refuge et construire un nid. Les prairies de fauche, riches en insectes, sont une source d’alimentation importante.

... une redoutable prédatrice

La pie-grièche est aussi jolie qu’effroyable… Reconnaissable grâce à son masque noir (seulement présent chez le mâle), le Zorro du bocage impose sa loi et adopte des mœurs particulières. Depuis le sommet d’un arbuste, d’un piquet de clôture ou d’un ballot de paille elle plonge sur sa proie (insectes, lézard, rongeur, oiseau, etc.) qu’elle attrape de son bec puissant et crocheté lui permettant de dépecer ses victimes.

Une pie-grièche en chasse

Le garde-manger de la pie grièche

Lorsque la ressource en nourriture est suffisante la pie-grièche fait des réserves en empalant ses proies sur une épine de prunellier ou d’aubépine ou même sur un fil de fer barbelé. Ces gardes-manger appelés « lardoirs », serviront notamment à alimenter les jeunes en période de disette.

Les pie-grièches observables en France

Plusieurs espèces de pie-grièche sont observables en France. L’écorcheur est l’espèce la plus commune, mais il est possible d’y trouver suivant les saisons : la pie-grièche grise, la pie-grièche à tête rousse ou encore la pie-grièche méridionale. La pie-grièche à poitrine rose a quant à elle quasiment disparue de l’hexagone…

Comment observer et photographier la pie-grièche ?

En plus d’être bien reconnaissable par son plumage, la pie-grièche écorcheur a un comportement qui facilite son observation. Elle s’expose souvent sur de hauts perchoirs (sommet d’arbuste, piquet de clôture, etc.) et émet des cris d’avertissement pour marquer son territoire. 

Photographier la pie-grièche, est par contre beaucoup plus délicat… Cet oiseau est farouche et ne manquera pas de se cacher dans les buissons si elle se sent en danger. La photographier convenablement demande, à mon sens, la pose d’un affût. Le choix de l’emplacement de votre affût est primordial. Relevez les perchoirs habituels par simple observation lointaine (à la longue vue ou aux jumelles) ou par les traces d’excréments. 

Votre affût ne doit laisser paraître aucun mouvement, optez pour une tente ou un filet de camouflage intégré à un élément du paysage comme un buisson.  

Astuce !

L'utilisation d'un déclencheur à distance sans fil et d'une housse anti-bruit peuvent être de bons moyens d'éviter tout dérangement et de bénéficier d'une grande proximité pour la photographier. Comme évoqué précédemment, les pies-grièches se perchent régulièrement sur les mêmes perchoirs. Observez-les pour comprendre leurs habitudes et pointer votre objectif au bon endroit !

Une espèce menacée

Depuis mon installation dans l’Avesnois, je suis totalement tombé sous le charme de cet oiseau. Il a même une place prépondérante dans notre logo ! Dans le cadre d’un travail réalisé par le Groupe Ornithologique du Nord, j’ai participé au recensement de sa population dans l’Avesnois. A ce jour, les effectifs semblent bien se porter. 

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C’est le nombre de terrains de foot, soit 11900 hectares de prairies, que la vallée de la Sambre a perdu de 1990 à 2018. Le calcul a été réalisé par un collègue à partir de données d’occupation du sol. 

Cependant, une réelle menace plane sur cette espèce : l’évolution du modèle agricole. Les prairies laissent de plus en plus place aux grandes cultures (maïs, blé, pommes de terre) et le bocage, l’essence même de l’Avesnois, s’estompe lentement.

Cette transformation du paysage est néfaste pour la biodiversité et la pie-grièche risque d’en faire les frais

Si vous souhaitez participer à la sauvegarde de cette espèce et continuer à observer et photographier la pie-grièche : abandonnez les patates et adoptez le Maroilles !

Le résumé

Photographier la pie-grièche écorcheur

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