Observer et photographier en Avesnois

  • Bastien et Camille
  • 01/06/2020
  • Focus territoire

Dans l’Avesnois vous ne gouterez pas qu’aux saveurs du Maroilles ou de la boulette d’Avesnes, vous y trouverez également une verdure associée à un réseau hydrographique dense. Ce territoire est d’ailleurs très souvent surnommé « Le poumon vert » d’une région marquée par l’urbanisation, l’industrialisation et l’agriculture intensive.

Cours d’eau sinueux, hêtraies, prairies permanentes, haies champêtres, alignement de charmes têtards, l’Avesnois regorge de richesses profitant à de nombreuses espèces patrimoniales ! Cette richesse écologique a d’ailleurs été reconnue en 1998 par la création du Parc Naturel Régional de l’Avesnois.

Nous avons passé cinq merveilleuses années à sillonner l’Avesnois où nous avons pu pleinement pratiquer notre passion pour la photographie de nature. Aujourd’hui c’est tout naturellement que nous avons voulu lui consacrer un article. A travers celui-ci nous souhaitons vous partager nos différents coups de cœur mais aussi vous aider, à notre façon, à découvrir et photographier la nature en Avesnois.

Un système prairial et bocager

Il s’agit sans aucun doute du seul territoire de la région à résister tant bien que mal aux massacres du remembrement agricole. Riche d’une agriculture peu intensive et portée vers l’élevage bovin, l’Avesnois nous offre encore un paysage bucolique avec près de 11 500 km de haies et 59 000 ha de prairies (source : Parc Naturel Régional de l’Avesnois).

La basse vallée de la Sambre et celle des deux Helpes (Helpe Majeure et Helpe Mineure) sont certainement notre coup de cœur. Entre Maroilles et Avesnes-sur-Helpe, vous y trouverez un réseau important de haie d’aubépines favorables à la pie-grièche écorcheur.

Il n’est pas rare également de voir tournoyer l’emblématique et rare cigogne noire ! L’Avesnois accueille chaque été quelques couples. À savoir que le nombre de couples nicheurs en France est estimé à 60…

Le superbe gorgebleue s’installe au pied des réseaux de fossés de la basse vallée de la Sambre ! Son chant résonne dès mars dans les prunelliers fraîchement en fleur, spectacle garantit !

Au printemps, alors que la chasse est terminée, les chevreuils s’aventurent sans crainte dans le bocage pour profiter de l’herbe bien grasse et fleurie par les pissenlits et boutons d’or ! Les prairies de fauche sont également nombreuses, c’est l’occasion rêvée de photographier maître renard en quête de mulot les soirs d’été !

Le bocage est un terrain de jeu passionnant pour le photographe animalier mais il se prête également très bien aux photographies paysagères ! Les ambiances matinales sur le bocage sont particulièrement magnifiques !

Ses forêts

L’Avesnois dispose de 27 309 hectares de forêts représentant 2/3 des forêts du département et 1/3 des forêts de la région (source : Parc Naturel Régional de l’Avesnois).

La forêt la plus connue est la forêt de Mormal, le plus grand massif forestier de la région et le seul à accueillir une population de grand cerf. Le roi de la forêt est d’ailleurs le sujet le plus convoité par les photographes notamment lors de la période de brame.

Mais d’autres espèces particulièrement intéressantes sont observables et photographiables. Si vous avez de la chance et de la patience vous croiserez peut être le chemin du très discret chat sauvage, reconnaissable grâce aux deux anneaux sur sa queue et son « pinceau » noir.

La forêt de Mormal accueille également les populations de pic épeiche, pic mar, pic épeichette mais aussi du plus grand des pics européens, le pic noir. Les plus anciennes parcelles épargnées par les coupes sont alors très propices à la photographie des pics, en particulier les hêtraies. Photographier le pic noir était notre objectif de ce printemps 2020. Et nous pouvons dire que cela a été une belle réussite ! Nous publierons un article sur ce suivi assez prochainement !

La forêt de Mormal est également l’occasion de photographier assez facilement le chevreuil et le sanglier dont les populations sont très importantes ! Au mois d’avril, il est possible qu’au bord d’un chemin forestier de jeunes renards se chamaillent…

En automne et en hiver les tapis de feuilles regorgent de collemboles ! C’est l’occasion de pallier cette période un peu creuse en s’adonnant à la macrophotographie ! Si vous voulez en savoir un peu plus sur ces petits êtres fabuleux et comment les photographier, nous avons rédigé un article à leur sujet.

Son réseau hydrographique

Les cours d’eau du département du Nord sont mis à mal par l’agriculture, le curage, le recalibrage pour la navigation et l’urbanisation mais au fin fond de l’Avesnois, quelques-uns d’entre eux sont encore préservés. La Thure, la Hante ou encore l’Oise sont de véritables bijoux naturels et accueillent les seuls couples de cincle plongeur du département.

L’espèce profite d’une eau de qualité et oxygénée pour se nourrir d’insectes aquatiques en plongeant ! Très souvent perchés sur une pierre au milieu d’un rapide ils s’offrent aux plus discrets et persévérants.

Les cours d’eau à faible courant de l’Avesnois, comme l’Helpe Majeure, l’Helpe Mineure ou la Sambre, son contre fossé et ses bras morts offrent la possibilité d’observer et de photographier le magnifique martin pêcheur ! Il vous suffira d’arpenter le terrain pour observer ses habitudes et localiser ses perchoirs habituels.

Les mares et étangs intra-forestier sont nombreux en Avesnois ! Vous y trouverez de nombreux spots pour photographier les odonates : étang de la Galoperie à Anor, bras du Valjoly, annexe alluviale à la Sambre, etc.

Là où il y a des points d’eau, vous rencontrerez facilement des odonates. Libellules et demoiselles ont besoin d’eau pour pondre. Durant la période de reproduction elles vous offriront un ballet aérien incessant près des rivières, lacs et autres mares.

Un patrimoine menacé

Ces richesses sont toutefois menacées par l’évolution du modèle agricole. Progressivement les prairies et le bocage laissent place aux grandes cultures et aux grandes plaines. La capacité épuratrice et anti érosive des prairies s’estampe et menace la qualité des cours d’eau. La vallée de la Sambre a perdu environ 12 000 hectares de prairie de 1990 à 2018 ! Si cette transformation perdure l’Avesnois risque de subir le même sort que les Flandres, autrefois verdoyante.

L’Avesnois est un véritable trésor écologique, patrimonial et agricole qu’il est impératif de préserver. Certes les pouvoirs publics ont les cartes en main mais nous avons également un rôle à jouer dans cette préservation en adoptant un mode de consommation plus local et raisonné.  

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